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Catherine Dubien - DR
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Bernard Clavel est de ces auteurs qui continuent d’accompagner leurs lecteurs, parfois même des années après leur disparation. Catherine Dubien, elle, est une lectrice avisée qui a trouvé dans les textes de l’écrivain jurassien tous ces éléments de la vie qui lui parlent tant. « J’aime tout dans Clavel, affirme-t-elle. Son amour de la nature, son sens de l’observation et surtout son humanisme. C’est tout ce qui le rend intemporel. C’est pour ça qu’il m’a toujours accompagnée. »
L’énergéticienne de profession l’a découvert assez jeune. « Une chance », selon elle. Adolescentes, elle et ses amies, passionnées de lecture aux moyens limités, s’achetaient à tour de rôle un livre. Tout de suite, elle est marquée par sa découverte de La Saison des loups, premier épisode de la saga Les Colonnes du Ciel. « J’ai été passionnée par le côté proche du terroir », se souvient-elle.
Elle ne va alors cesser de lire et de découvrir Clavel, sans jamais s’en lasser, même une quarantaine d’années plus tard. Ce lien personnel – presque filial – avec l’auteur va encore évoluer par la suite dans sa vie. Aux dix-huit ans de son fils aîné, celui-ci fait appel à elle, car il a du mal à trouver des livres qui l’intéressent. Une évidence s’impose : « L’héritage passait forcément par Bernard Clavel, d’autant qu’il avait écrit sur le Jura, la région où il était né et avait grandi ». Le Carcajou sera la première lecture de son fils.
Le coup de cœur est instantané. Il veut en voir plus, en lire plus. Sa mère l’oriente alors vers Le Cavalier du Baïkal. « Mes enfants ont été élevés dans un milieu où il y avait beaucoup de chevaux, et le rapport à l’animal est magnifique dans ce livre, où le héros est toujours accompagné de son fidèle destrier ». Ce deuxième roman va confirmer la transmission de la passion de l’écrivain de la mère à son fils. Il va tant marquer le jeune homme qu’il décidera de donner à son premier chien, recueilli à la SPA, le nom du héros. « Tous mes enfants lisent beaucoup. Mais il est le seul à avoir trouvé ce rapport particulier avec Clavel que j’ai ressenti. De se dire que ça a conduit à l’adoption de cet animal abandonné et à tant de bonheur pour toute la famille, ça me réjouit », sourit-elle.
Aujourd’hui, Catherine Dubien continue de transmettre son amour de Clavel. Lors de la pandémie de Covid-19, elle faisait régulièrement la lecture de L’arbre qui chante à ses petits-neveux et à une dame âgée dont elle s’occupait. « Clavel a aussi écrit des contes pour enfants. Je lisais cette histoire fantastique pour apporter un peu de magie dans ce moment d’isolement total. »
Son engagement passe surtout par Lire Clavel, une association dont elle est l’une des fondatrices et dont son mari est vice-président. Cette année, pour le centenaire de sa naissance, de nombreuses expositions ou lectures sont organisées partout en Franche-Comté. Grâce à leur mobilisation, la mairie de Poligny a même inauguré, le 22 avril, une médiathèque au nom de Bernard Clavel, en présence de la présidente de l’association, Josette Pratte, veuve de l’auteur.
Pour Catherine Dubien, cet investissement n’est qu’un juste retour des choses. « Il m’est arrivé de vivre des choses difficiles et cet écrivain m’a permis de passer ces moments durs, de comprendre la dualité de la vie, et que le conte de fées n’existe pas. » Un jour, pour suivre ses traces, Catherine Dubien aimerait bien reprendre l’écriture, après s’y être essayée étant plus jeune. « J’ai déjà le titre et le sujet », confie-t-elle, sans en dévoiler plus. L’histoire n’est donc pas finie.

