Expo Dole
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Arkane – Dishonored I & II - Bethesda Softworks, Arkane Lyon

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À première vue, le titre étonne. Peindre le jeu vidéo : l’expression paraît presque contradictoire pour un médium que l’on associe spontanément à l’écran, au mouvement, à l’interactivité. C’est pourtant cette filiation, à la fois évidente et trop rarement montrée, que le Musée des Beaux-Arts de Dole explore avec CTRL+ALT+ART, présentée jusqu’au 27 septembre.

L’exposition choisit de se placer en amont du jeu, au moment où tout commence : celui des esquisses, des atmosphères, des premières visions. Son sujet, ce sont les concept artists, ces artistes chargés de donner forme aux personnages, aux décors, aux objets et aux mondes avant même qu’ils deviennent jouables. Avant le code, avant l’animation, avant l’expérience du joueur, il y a donc des images. Des images pensées, composées, peintes.

Sous le commissariat de Marine Macq, fondatrice de la galerie Gamma et autrice de plusieurs ouvrages consacrés à l’art du jeu vidéo, CTRL+ALT+ART éclaire ainsi un territoire où se rencontrent peinture, illustration, design et narration visuelle. L’exposition rappelle une évidence trop souvent reléguée à l’arrière-plan : le jeu vidéo est aussi une affaire de regard, de lumière, de textures, de couleurs et de style.

Le choix des œuvres présentées dit bien cette diversité. Avec Dishonored I & II, le studio français Arkane incarne une veine majeure du jeu vidéo contemporain, où la direction artistique participe pleinement de la puissance d’un univers. Plus loin, Gris déploie la délicatesse du trait de l’illustrateur catalan Conrad Roset, dans une esthétique qui semble flotter entre dessin et aquarelle. The Master’s Pupil, de Pat Naoum, prolonge encore ce dialogue en faisant entrer le joueur dans un monde peint à la main, jusque dans l’œil de Claude Monet.

Jura, Jurassiens, magazine, Numéro 39, Jura, Jurassiens, magazine

Spiders – Steelrising – Nacon, Spiders Studio

Le parcours réunit aussi Creaks du studio tchèque Amanita Design, Dordogne et ses transparences d’aquarelle, Jusant de DON’T NOD, ou encore Clair Obscur : Expedition 33 de Sandfall. D’un univers à l’autre, d’une facture à l’autre, se dessine une même conviction : le jeu vidéo n’est pas seulement un produit technologique ou narratif, mais un champ de création plastique à part entière.

C’est là tout l’intérêt de cette proposition. Alors que plusieurs institutions ont déjà contribué à faire entrer le jeu vidéo au musée, CTRL+ALT+ART se distingue par son angle très précis : revenir à la source des formes, à ce moment fragile où l’imaginaire prend corps. Non pas tant montrer le jeu achevé que ce qui le précède, l’inspire et le rend possible.

Dans le cadre du Musée des Beaux-Arts de Dole, cette approche prend une résonance particulière. L’institution revendique en effet un dialogue continu entre patrimoine et création contemporaine, renforcé par sa réorganisation récente autour des arts, de l’histoire et de l’archéologie. L’exposition se prolonge d’ailleurs par une riche programmation de rencontres, conférences, visites guidées et ateliers, prolongeant cette volonté d’ouverture.

Avec CTRL+ALT+ART, Dole propose ainsi bien plus qu’un détour par la culture vidéoludique : une autre manière de regarder les images d’aujourd’hui.

> www.sortiradole.fr

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