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Alessandra Sublet : « le Jura, mon refuge »

L’histoire d’amour entre Alessandra Sublet et le Jura remonte à l’enfance. Il a pour port d’attache un petit hameau  de la commune de Villards d’Héria. Depuis, c’est là, dans ce Haut-Jura préservé où elle garde de très nombreux souvenirs, que la présentatrice de TF1, vient se ressourcer.

 

Alessandra Sublet est une star de la télévision. Chaque soir, sur TF1, elle donne la réplique à l’imitateur Nicolas Canteloup. Juste après le journal de 20 heures, des millions de téléspectateurs se régalent en regardant le duo commenter avec humour l’actualité.

La saison dernière, Alessandra Sublet a aussi fait partie du jury de Mask Singer et n’a pas hésité à se déshabiller pour sensibiliser les femmes au cancer du sein. « L’étoffe d’une championne », titrait Télé 7 Jours en mars, au moment de la diffusion de son documentaire Tony Parker Confidentiel sur TMC.

Alessandra Sublet est une femme libre. « Je suis qui je suis et je n’essaie pas d’être quelqu’un d’autre », confiait-elle l’été dernier à Paris Match. Une personnalité qui plaît. La présentatrice est populaire, comme l’ont été les plus grandes figures du petit écran.

Pour Numéro 39, elle ouvre pour la première fois les portes de son « jardin secret » qu’elle cultive en terre jurassienne. Entretien.

 

NUMÉRO 39 Vous êtes née à Lyon. En quoi êtes-vous jurassienne ?

Alessandra Sublet – Ma mère, enfant, passait ses grandes vacances dans un petit village près de Moirans-en-Montagne. Elle s’est toujours promis d’y revenir et même d’acheter plus tard une petite maison. Son rêve s’est exaucé et c’est merveilleux de voir comment, avec mon père, elle a trouvé cette maison à Grand-Châtel. Cela a été un grand bonheur pour elle. Moi, j’y vais depuis ma naissance. Mes souvenirs jusqu’à l’âge de seize ans, mon enfance et mon adolescence sont là-bas. Voilà pourquoi, à mon tour et en famille, nous passons nos vacances là-bas, sur ses pas !

À quoi ressemble le Jura d’Alessandra Sublet

C’était l’appel de la forêt, les balades joyeuses, les virées sur le lac de Vouglans et mes retrouvailles avec mes cousins. Je conserve de vrais trésors d’enfant enfouis en moi. Ce sont aussi des odeurs qui me reviennent, même lorsque je suis à la capitale. Y retourner régulièrement avec mes deux enfants est une vraie joie familiale. L’histoire se répète pour mon plus grand bonheur.

C’est dire que vous avez vécu des moments forts dans le Haut-Jura ?

Oui ! Un premier amour, ça ne s’oublie pas ! Je me souviens aussi des virées à moto et le baptême de ma fille. Le prêtre n’avait plus les clefs de l’église, on a fait le baptême à la maison ! J’ai une grande affection pour ce petit hameau fait de maisons en vieilles pierres qui n’ont pas bougé depuis tant d’années et pour les anciens de ce village dont certains sont partis trop tôt malheureusement. J’ai aussi une pensée pour Claude que je salue et qui lira certainement cet article.

C’est le grand écart avec la vie parisienne ?

Pour internet et le portable, il y a très, très peu de réseau, mais ça me convient ! Ce village reste mon endroit préféré, même si je me balade tout autour. Pour moi, rien n’a changé, il est figé. Pas une maison de plus et c’est très bien. Il est préservé – comme l’ensemble du Jura d’ailleurs – et, pour moi, c’est un bonheur de se sentir loin de tout, à l’abri des regards. C’est également une chance de voir mes enfants marcher sur les mêmes chemins, les voir emprunter les mêmes routes à vélo et faire avec eux les mêmes découvertes de cascades ou de trésors à morilles !

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Alexandra Suflet – TF1

Les Français peuvent vous voir sur les antennes du groupe TF1. Mais avant cela, vous avez présenté d’autres émissions avec succès. Quels ont été les moments-clés de votre itinéraire ?

J’ai fait mes études à Lyon et j’ai eu de multiples aventures professionnelles avant de trouver ma véritable voie, mais L’Amour est dans le pré et C’est à vous ont été les deux émissions qui ont radicalement changé ma carrière par leur vérité et aussi par le lien que j’ai eu à ce moment-là avec le public.

Quel métier exercez-vous ? Vous vous diriez journaliste, documentaliste, présentatrice, productrice ?

Je suis animatrice. Même si le terme peut paraître ringard ou désuet, je suis très fière de mon métier. Il m’a amené aussi à apprendre la production et c’est une autre casquette avec laquelle je m’épanouis et qui me permet, par exemple, de pouvoir faire le portrait de certains parcours extraordinaires comme ceux d’Antoine Griezmann ou Tony Parker. Produire, c’est aussi la liberté de faire ce en quoi je crois.

Vous qualifieriez-vous de chanceuse ?

Un jour, j’ai reçu sur mon plateau un comportementaliste qui m’a dit « Le mouvement crée la chance ». Je crois à ça. Je ne crois pas que l’on naît sous une bonne étoile, je crois surtout que l’univers nous offre tout ce dont on rêve, si tant est que l’on soit prêt à y croire très fort et que l’on travaille pour. La chance, c’est l’envie et la volonté avant tout. J’ai tenté ma chance et, au travers d’échecs, j’ai aussi réalisé mes vœux. Je suis une optimiste, je crois que rien n’est impossible. Ajoutez à cela un peu de spontanéité et le tour est joué !

On vous retrouve tous les soirs sur TF1 avec Nicolas Canteloup, on vous a aussi vu récemment dans Stars à nu et, pour TMC, aux côtés de Tony Parker. Qu’est-ce qui vous plaît dans votre métier ?

Sans conteste, le lien que j’ai avec les gens, avec le public et ce depuis dix-sept ans, et aussi la rencontre avec des gens aux parcours multiples. Cela m’enrichit chaque jour. J’aime l’humour avec Canteloup et le vrai avec des émissions plus authentiques. La notoriété doit servir aussi à être l’écho de causes importantes parce que, justement notre voix est plus forte [Dans Stars à nu, quinze personnalités, huit femmes et sept hommes, ont accepté de se mettre à nu, sur la scène du célèbre cabaret parisien Le Lido, pour sensibiliser les Français au dépistage du cancer du sein, du testicule et de la prostate, N.D.L.R.]. Elle peut permettre accessoirement d’avoir un petit bout de comté gratis chez le fromager !

Comment conciliez-vous vie professionnelle et vie privée ?

Je suis restée la même, ce qui signifie que ma vie n’est pas mon métier ! Mon métier s’est introduit de mon plein gré dans ma vie, mais en me laissant du temps pour mes enfants et c’est le plus important. Je ne me protège pas, je suis flattée quand on me reconnaît dans la rue, mais je n’en fais pas état, je ne suis pas Madonna non plus ! J’ai les mêmes amis depuis plus de vingt ans, ils se fichent de ma notoriété et tant mieux. Je suis plutôt d’une nature généreuse et à vrai dire mes amis, ma famille me le rendent bien.

Êtes-vous carriériste ? N’est-ce pas une obligation quand on veut durer à la télévision ?

Je suis ambitieuse, oui, et ce n’est pas un vilain mot. Mais je suis avant tout mes envies, c’est le plus important. Ça demande quelques batailles souvent contre soi-même mais quel bonheur quand ça marche ! Je ne sais pas combien de temps je ferai ce métier, connaître l’avenir ne me fera pas être plus heureuse dans le présent. On verra !

Quel regard portez-vous sur notre société actuelle ?

J’essaie d’évoluer avec notre société. La nage à contre-courant n’a jamais été mon fort. Cependant je trouve que malgré les réseaux sociaux et certains sujets traités parfois dans les médias, il faut essayer de se faire une opinion, essayer d’avoir son propre libre arbitre. C’est important aussi de trouver sa place, d’être en accord avec soi-même et de ne pas trop se laisser influencer par ce qui pourrait polluer notre quotidien.

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Alexandra Suflet – TF1

Est-ce facile quand on habite Paris ?

Paris est une ville magnifique. J’y travaille, je m’y arrête parfois pour regarder les plus belles architectures au monde, mais Dieu merci, je n’y vis pas. Quand je travaillais sur la matinale de Canal+, j’avais une chance incroyable, celle de me lever tôt et de sillonner seule la plus belle avenue du monde, Les Champs-Élysée. Une aubaine réservée aux lève-tôt ou aux couche-tard !

Comment assumez-vous la pression ?

Je fais du sport deux fois par semaine, mais je le fais par envie. J’ai fait du sport étude pendant douze ans en danse classique. Je crois que mon corps n’est pas prêt à lâcher l’affaire. Je suis active, mais aussi contemplative. Parfois, se poser et regarder le monde bouger, c’est bien aussi.

Comment vous ressourcez-vous ?

Grâce au Jura entre autres… et puis j’habite à la campagne, loin de Paris. C’est une source de revitalisation totale ! Je crois que les gens qui le peuvent fuient les grandes villes dès que c’est possible. Et si nos enfants évoluaient vers une vie plus riche de nature et de simplicité ? Ils sont notre avenir aussi, soyons confiants.

Vous plaqueriez tout pour un coin du Jura ?

À vrai dire non. Le Jura, c’est avant tout une respiration, comme si j’avais besoin de lui pour repartir du bon pied et c’est parfait comme ça. Mais force est de constater que mes nuits jurassiennes sont apaisantes aussi… Qui sait ? Ne dit-on pas que seuls les idiots ne changent pas d’avis ?

Qu’est-ce que la crise sanitaire du Covid-19 et le confinement vous ont appris ?

Cette pandémie marquera une partie de notre histoire par sa violence et par la situation inédite dans laquelle nous nous trouvons. Mais elle nous permet peut-être aussi de prendre du recul sur le monde dans lequel nous vivons et sur nos profondes envies liées à notre avenir et celui de nos enfants. J’ai été et je suis encore très touchée par tant de victimes fauchées par ce virus, mais très surprise et heureuse aussi d’avoir vu autant de solidarité. Un énorme merci à nos aides-soignants, médecins qui ont lutté au plus près des malades au péril de leurs vies. 

 

Sa lettre aux Jurassiens

Il y a dans une vie d’adulte des souvenirs impérissables. Et nous devrions plus souvent honorer notre mémoire parce qu’elle sait de temps en temps nous les rappeler. C’est une vague de chaleur tellement réconfortante… C’est vrai, quel bonheur d’être le témoin de ses propres joies, de ses propres peines et de les garder pour soi le temps d’une vie.

Ce jardin secret, je le partage depuis tant d’années avec vous chers Jurassiens. Car oui, le Jura est un acteur majeur de mes émotions ! Il s’est glissé dans mes veines dès mon plus jeune âge, sous mes pieds d’enfant, dans mon cœur d’adolescente et il a tricoté au fil du temps ces souvenirs-là !

Des racines solides à l’image de ses conifères si majestueux. Ces souvenirs sont ceux qui font la sève de nos émotions futures et je lui en suis tellement reconnaissante…

Il a distillé les plus fortes émotions au plus profond de moi, il m’a ouvert les portes d’une nature exceptionnelle et si précieuse à mes yeux : le vent dans les hauts sapins, la mélodie des plus jolies cascades, les couleurs des plus beaux couchers de soleil, il a éduqué mon palais aux meilleures liqueurs, au meilleur comté et, enfin, il a été le témoin de mes rires et mes larmes qui font encore écho dans les plus hautes montagnes jurassiennes.

Le Jura, c’est un puits de ressource vitale pour moi, un havre de paix familiale dont les plus anciens du village ont su garder précieusement le secret.

Le Jura est mon confident et le gardien de tant de beaux souvenirs que je me devais de le fêter avec vous au travers de ces quelques lignes. Bienheureux sont celles et ceux qui ont partagé cela avec moi, là-bas au creux de ce petit hameau, car ils font ce que je suis aujourd’hui même au travers du petit écran. [AS]

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