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Le cœur de la nuit bat pour Aslove

Put your records on, le tube de l’année 2017,  est l’œuvre du Lédonien Guillaume Banet, alias Aslove. Good Ideas, son nouveau titre, pourrait être  celui de l’été 2018. Jeune DJ de 22 ans, cet instrumentiste ambitieux aime lier ses influences rock à sa passion de l’électro. 

 

Le tube de l’été 2017, Put your records on, interprété par Mia Wray, c’est lui ! Top 100 des titres les plus diffusés sur les ondes FM l’an dernier, 200 000 vues du clip en trois mois sur YouTube, plus de six millions de streams, 200 000 requêtes Shazam et un remix officiel d’un tube de la star Katy Perry en prime.

Ce soudain succès vaut à Guillaume Banet le privilège d’être aujourd’hui sous licence Universal Music et de pouvoir créer sa musique dans de bonnes conditions. Son nouveau single, Good Ideas, pourrait être un des tubes de cet été.

Passionné d’électro depuis 2008, après l’électrochoc créé par l’album Cross de Justice, le jeune homme est tombé en adoration pour un mouvement encore émergent début 2015 : la deep house, venue de Hollande et d’Allemagne, qui consiste à lier de vrais instruments organiques à la musique électro. « Des DJ comme Bakermat et son morceau Zomer en sont un bon exemple. Prayer in C de Lili Wood & the Prick fut un des premiers gros succès de cette musique en France. »

 

Le début des « cover »

Pour lui, cette nouvelle tendance n’est que pur bonheur. Il veut percer dans ce métier. Pour cela, il utilise des musiques connues, ne garde que les paroles, les mélodies et recrée intégralement les instruments et les voix. Il travaille avec Charles-Henry Monley, Sanclaudien qui avait participé à l’émission Nouvelle Star et publie leurs réalisations sur Sound Cloud. « Le premier morceau que nous avons réalisé avec Charles-Henry était une reprise de Cupid’s Chokehold [de Gym Class Heroes] avec le sax de Jean-Philippe Fusier, un ami de mon père. »

Le Jurassien commence à bien connaître la mécanique du net, des réseaux sociaux et cherche inlassablement à se faire « reposter » par des chaînes et des blogs influents. Du jour au lendemain, le nombre de vues de ses créations augmente pour atteindre la barre des 15 000. 

Joli coup que le DJ réitère avec d’autres « covers », au rythme d’une par mois : Feel Good de Gorillaz plaît beaucoup, tout comme Miss You des Rolling Stones avec un ami harmoniciste et la guitare de Jean Rigo. Le guitariste-chanteur des Infidèles, qui travaille avec Aslove sur son prochain single, se dit impressionné par le souci constant de Guillaume d’élever la qualité de ses productions : « Musicalement, il est très attaché à trouver le bon “hook”, mais le centre de ses préoccupations, c’est la qualité du son. Il est talentueux et très volontaire. C’est un bosseur qui a une grosse charge sur les épaules : il crée, il compose et en plus, il est producteur de sa musique. »

Put your records on, le tube de l’année 2017,  est l’œuvre du Lédonien Guillaume Banet, alias Aslove. Good Ideas, son nouveau titre, pourrait être  celui de l'été 2018. Jeune DJ de 22 ans, cet instrumentiste ambitieux aime lier ses influences rock à sa passion de l’électro. 

Guillaume Banet, alias Aslove.

Jérémy Vannier, patron du Copa Klub Underground, club de nuit de la région lédonienne où DJ Aslove a commencé sa carrière, confirme cette volonté d’exigence perpétuelle : « Si on écoute Guillaume, ce qu’il fait n’est jamais assez bien ! Il est très perfectionniste. Il doute, se pose pas mal de questions, mais il se construit seul, toujours dynamique. »

Guillaume se souvient encore de sa rencontre déterminante avec les frères Jérémy et Nicolas Vannier dans un restaurant lédonien. « Je venais d’avoir seize ans et ils m’ont proposé de tester un live dans leur établissement. La première expérience n’a pas été très concluante, mais ils m’ont fait confiance et j’ai pu continuer à venir m’entraîner en début de soirée, avant que les gens arrivent. Petit à petit, j’ai mixé de plus en plus tard et j’ai fini par animer une soirée complète, puis deux, puis trois, et je suis finalement devenu DJ résident ! »

Jérémy Vannier, resté très ami avec Guillaume, se souvient de son côté un peu introverti à ses débuts : « Il était tout jeune et depuis longtemps déjà dans la musique. Ses amis l’ont poussé gentiment à me dire qu’il était DJ. Avec un copain, ils m’ont invité à une petite audition et ce que j’ai entendu m’a beaucoup plu. Guillaume est très créatif, beaucoup plus que la plupart des DJ et très réactif sur la technique : en trois semaines, il mixait déjà comme quelqu’un qui fait cela depuis dix ans ! »

 

L’électro d’Ed Banger, une Révélation

Dès sa plus tendre enfance, ce jeune Lédonien a appris la batterie, la guitare et le piano, sans doute inspiré par l’atmosphère familiale et les sons de la guitare rock de son père, très bon musicien et excellent bluesman. Sophie, sa mère, a, quant à elle, été choriste dans quelques formations. « Mon oncle faisait de la prod’ et mon cousin jouait de la guitare », complète le jeune homme, devenu à vingt-deux ans un DJ internationalement connu.

Depuis son adolescence, le DJ sait où il veut aller et ce que l’on attend de lui. « Le monde du deejaying repose sur la présence du public », explique-t-il, simplement. Et le jeune homme aime cette foule, ce pouvoir qu’il détient de la faire s’agiter, de la rendre frénétique et joyeuse.

Ses premiers talents de musicien, Guillaume Banet les a exercés dans le groupe de rock de son cousin, de quelques années son aîné. « J’avais douze ans et j’étais le batteur. Nous nous appelions les Honey Lips ! J’étais plutôt rock à ce moment-là, mais j’ai commencé à m’ouvrir à d’autres styles et j’ai découvert l’électro en 2008, avec l’album Cross. Pour moi, il y a eu clairement un avant et un après Justice. Je me suis mis à écouter des tonnes de musique électro, avec un net penchant pour les artistes du label Ed Banger, LE label de la French touch qui m’a beaucoup influencé. Breakbot notamment et beaucoup d’autres… »

 

Major de promo

À force de regarder leurs vidéos en train de mixer sur les platines, Guillaume Banet meurt d’envie d’essayer lui aussi ce mode d’expression propre au monde de la nuit. Son tout premier matériel ? Un MacBook [l’ordinateur portable d’Apple] sur lequel le logiciel Garage Band permet de créer et d’enregistrer sa propre musique. « J’ai adoré faire ça ! », lâche le Jurassien, qui fonde alors le groupe Revolvers, avec son copain Maxime Ravier. « On a fait nos premiers mix ensemble sur ordi et de petits lives dans des bars. Je me souviens d’un mix à Foncine-le-Haut et d’un autre à Paris, un mardi soir au Panic Room, où nous avions joué devant oh… quatre personnes ! »

Il se rend à l’évidence : mixer, c’est sa passion, sa vie et il est doué pour cela. Il investit dans des platines – des Pioneer basiques – et s’entraîne le soir, en rentrant du lycée. Le DJ Aslove [nom de scène tiré d’une chanson de Jimmy Hendrix] fait une entrée fracassante dans les line-up… mais Guillaume le lycéen, lui, saborde complètement sa 1re S. « La fatigue, les cours manqués… J’ai raté mon bac, stoppé mes études, mais j’ai pu avancer dans ma musique. Entre seize et dix-huit ans, je mixais tous les week-ends. Puis, je suis entré à l’UCPA, une école de DJ lyonnaise. »

Put your records on, le tube de l’année 2017,  est l’œuvre du Lédonien Guillaume Banet, alias Aslove. Good Ideas, son nouveau titre, pourrait être  celui de l'été 2018. Jeune DJ de 22 ans, cet instrumentiste ambitieux aime lier ses influences rock à sa passion de l’électro. 

Aslove dans son studio lédonien.

Les études ayant lieu en alternance, Aslove devient DJ au Chat Noir à Dijon pendant un an et rencontre les artistes souvent très connus qui s’y produisent. Il se constitue ainsi un réseau d’amis et de confrères originaires de toute la France. « Pendant cette période, je produisais beaucoup moins, bien que j’aie acquis un peu plus de matériel. Puis, j’ai terminé mon alternance au Copacabana à partir de 2015 et, là, j’ai pu de nouveau faire ma propre musique. » En mars 2016, le Lédonien finit major de sa promotion avec les félicitations du jury.

 

La consécration

En parallèle de ses covers, l’ambitieux garçon a créé son auto-entreprise à la fin de ses études de DJ et est devenu DJ itinérant pour des boîtes régionales. Puis, un jour, il flashe sur une voix : celle de Mia Wray qui reprend Put your records on accompagnée d’une simple guitare. « J’ai pris sa voix, trituré un truc que j’ai posté sur Sound Cloud. Le son a été repéré par Radio FG qui l’a passé sur les ondes en octobre 2016. »

Les choses s’accélèrent alors, mais Ludovic Rambaud, un de ses profs à l’UCPA et rédacteur en chef de DJ Mag, lui conseille de ne pas se précipiter. « C’est ce que j’ai fait. J’ai continué à travailler et, un jour, il m’a proposé de participer à l’Amsterdam Dance Event, le salon mondial de la musique électro. À six cents euros la place, ce n’était pas donné, mais cela me permettait d’avoir accès à une liste de contacts intéressants. J’ai envoyé des mails à tous ces gens et reçu plusieurs propositions en retour. » C’est ainsi qu’après quelques mois de négociations, Aslove a signé une licence pour trois albums avec Universal Music.

Entendre son titre en radio, tourner le clip à New York, faire des mix dans de nombreux clubs et des scènes avec d’autres artistes pendant tout un été… L’année 2017 fut un cadeau des dieux pour Guillaume, qui travaillait ce printemps sur son nouveau single, Good Ideas [feat. Tim Schou et Leroy Menace] sorti en juin. À coup sûr, le tube de l’été. 

 

Photos : Guillaume Malheiro, Numéro 39, Louis Marie

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