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Le nouveau Numéro 39 est arrivé

Au fil des 132 pages de sa seconde édition, Numéro 39 vous propose de faire connaissance avec des Jurassiens aux parcours étonnants. Sans oublier dix balades à découvrir durant l’été.

Oui, nous avons fait de belles rencontres. Dans l’année qui vient de s’écouler, nous en avons provoquées quelques-unes, comme en ont l’habitude les journalistes ; les autres, en définitive majoritaires, sont venues à nous. Un général cinq étoiles qui a été patron du GIGN et directeur de la Gendarmerie nationale, un cuisinier qui officie dans l’un des palais de la République, un entraîneur de coureur cycliste — pas n’importe lequel, le meilleur que compte aujourd’hui la France —, un antiquaire également reconnu par ses pairs comme l’une des références mondiales de sa spécialité, un transformateur de cacao qui régale les gourmands jusqu’à l’autre bout de la planète… La liste est longue. Il y a aussi Jean-François Charnier à qui l’on a confié les collections d’œuvres du futur Louvre Abu Dhabi, aux Émirats Arabes Unis. C’est à lui que revient d’imaginer ce que doit être un musée du XXIe siècle.
Tous ont un point commun. Ils sont Jurassiens. De naissance ou de filiation. Cette terre d’où ils sont originaires, de laquelle ils se réclament, ils l’ont quittée, comme si, pour s’accomplir, il leur avait fallu s’éloigner de la demeure familiale. Mais ils ne sont pas partis les poches vides, ils ont emporté avec eux des valeurs qui ont été des balises précieuses au moment où ils ont eu à faire des choix. Leurs parcours extraordinaires se sont bâtis sur cet héritage. « Nul ne guérit de son enfance », chantait Ferrat.
Le Jura qui les a nourris est un Jura des champs. Tous ont poussé dans les campagnes, tous ont planté leurs racines dans les villages qui dessinent la géographie de ce département de l’Est de la France.
Cette ruralité de leurs origines n’est pas le fruit du hasard. Elle témoigne d’une réalité dont on a cru, sans doute à tort, qu’elle constituait un handicap. Combien de fois n’a-t-on pas entendu qu’il manquait à ce territoire une grande ville, une agglomération capable de rivaliser avec Bordeaux, Grenoble ou encore Strasbourg, un phare citadin suffisamment élevé et puissant pour éclairer l’océan paysan qui l’entoure. Ceux qui regrettaient cette indéniable et fatale absence sous-entendaient qu’aucune graine de champions ne pouvait sortir de cette terre.
Comme si les belles plantes ne poussaient que dans le béton.
« Avec le Jura, c’est peut-être la première fois où je me suis dit : c’est rural et c’est beau, c’est élégant. […] S’il existe une quintessence de la France, elle est là », nous confie le grand photographe et documentariste Raymond Depardon.
La fidélité et le respect ont fait le reste. Fidélité à une histoire qui s’est écrite à force de travail et de luttes contre un environnement longtemps resté hostile. Respect de ce que l’on est au plus profond de soi, quitte à bousculer les idées reçues, les convenances, les autorités, l’évidence. Les mots de l’écrivain Pierric Bailly, qui rejoint l’équipe de Numéro 39, en sont une belle illustration.
Les vies de Denis Trossat, figure emblématique du ballon rond, nous délivrent un dernier message. Non, il n’est pas obligatoire de s’exiler pour réussir son ascension de l’Olympe. L’ancien trésorier de la puissante fédération française de football pourrait vous le dire. Ce n’est pas l’air que l’on respire qui est le plus important. En tout cas, il ne fait pas tout. En vérité, les plus belles destinées naissent de ce drôle de mariage entre les rêves les plus fous que l’on a dans la tête et ce calcaire caractéristique du Jura qui porte nos carcasses. On ne s’élève que sur du solide.

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